MURMURE, s.m., bruit sourd, plainte sourde: on dit le murmure des peuples, le murmure des eaux.

(Diderot, Encyclopédie)

ce blog est un exercice d’anti-psychiatrie. depuis quelques années la question de l’écriture me trotte dans la tête. écriture politique, écriture théorique, écriture intime; un peu des trois en même temps. d’une certaine manière, j’ai toujours beaucoup écrit dans ma vie: à travers des discussions, à travers des réflexions, à travers des lectures. j’ai toujours beaucoup écrit au sens où j’ai souvent mis en forme et en mot des idées, des images ou des histoires. ça m’apaise, ça soigne mes blessures aussi, ça me donne des envies. d’où ce blog, pour me forçer à écrire plus, et différemment.

au départ, j’ai voulu commencer par des carnets. je n’ai jamais vraiment réussi à écrire avec un carnet, au final. je n’arrive à voir le carnet que comme une gêne, une contrainte dans laquelle je n’arrive pas à me couler.  je me retrouve avec des pages écrites, des morceaux de textes que je n’arrive ni à rassembler, ni à retravailler, et je tombe dans le syndrôme du brouillon, c’est à dire que chaque morceau devient un brouillon d’un texte futur, parfait, définitif, que je finis par ne jamais écrire, ou alors à écrire sans repartir de ces soi-disants brouillons. j’ai envie d’essayer de fonctionner plus par morceaux que je lie les uns aux autres, d’où le blog. pour me forçer à publier aussi, à faire lire mes écritures à d’autres personnes que moi.

murmures dans ma tête que je cherche à faire grandir, murmures du monde que je cherche à entendre plus finement. et puis une voix, ça commence souvent par un murmure.